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Michel Sitbon
La mémoire N - La synarchie aux sources du fascisme
Michel Sitbon
Article mis en ligne le 24 octobre 2014
dernière modification le 1er juin 2015

par Librairie
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La mémoire n, qui désigne en mathématiques la mémoire inconnue, est cette mémoire politique méconnue, enfouie et qui pourtant pèse tant sur nos vies. Michel Sitbon nous propose une plongée dans les origines du fascisme français à travers la synarchie, courant d’idées d’où naissent différentes choses : d’abord le courant religieux occultiste, à travers la figure intellectuelle du précurseur Saint-Yves d’Alveydre, inventeur du concept de synarchie et père d’un renouveau de l’ésotérisme, qui influencera le fascisme français et allemand.

La réhabilitation du corporatisme en place dans la société religieuse du Moyen-Age, prônée par Saint-Yves, inspirera les théoriciens politiques conservateurs, animés désormais de la volonté d’absorber le socialisme pour mieux contrôler les soubresauts révolutionnaires qui agitent alors la société depuis plus d’un siècle. Au tournant du XXe siècle, la pensée de Saint-Yves donne le cadre général de cette mutation de la pensée des classes dominantes, qui s’approprie les notions de nationalisme, d’antisémitisme.

Un autre courant naît après la crise de 29, courant élitiste et technocratique parmi les étudiants de l’école polytechnique qui forment un groupe nommé X-Crise, où ils se livreront à un travail de réflexion poussé autour des notions de dirigisme, ou planisme. Ils fourniront un arsenal intellectuel qui servira d’abord à Blum, mais plus encore au régime de Pétain, et même pour les IVe et Ve République.

Inspirée par ces courants de pensée, une branche “militaire” dirigée par Eugène Deloncle, la Cagoule, est un groupe terroriste financé par l’incontournable Eugène Schueller, fondateur de l’entreprise de cosmétique L’Oréal. Un personnage central va naviguer aux confluences de ces trois courants : dirigeant du parti fasciste ’’social-révolutionnaire’’ sous le régime du maréchal Pétain, Georges Soulès, qui prendra après-guerre le pseudonyme de Raymond Abellio, participera aussi bien au renouvellement du fascisme qu’on connaît qu’à la théorisation du terrorisme planétaire, jusqu’au cœur des années Mitterrand.

P.S. :

Aviso Editions, 542 pages, 24 euros


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