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Campagnes populaires, campagnes bourgeoises
Revue Agone 51
Article mis en ligne le 2 octobre 2013
dernière modification le 8 juillet 2019

« Quand vous portez un habit et que vous êtes sur un cheval, déjà vous ne voyez pas les choses de la même façon… Quand on est à cheval, on ne voit pas le chemin de la même façon, on ne voit pas la forêt de la même façon, on ne voit donc pas les gens de la même façon non plus. Et je pense qu’il faut être infiniment plus attentif et plus prudent quand on a justement et l’autorité et le cheval et le chapeau à plumes et la trompe et le machin… Vous voyez, je caricature un peu mais il faut faire beaucoup plus attention aux réactions des gens. Il faut pouvoir assumer une certaine légitimité. Et dans la chasse à courre, la légitimité, eh bien, c’est la culture, c’est l’éducation, c’est savoir sonner… » Jean Rives, maître d’équipage du Rallye du Rocher.

Les représentations dominantes des espaces ruraux ignorent ses habitants au profit d’une esthétisation (une nature sans habitants) ou d’une stigmatisation (les ploucs). Vus des villes, ces espaces sont perçus comme des territoires essentiellement agricoles ou comme de simples lieux de détente pour vacanciers et résidents secondaires. Or les campagnes françaises se caractérisent d’abord par la présence massive de classes populaires, la proportion d’ouvriers augmentant à mesure que l’on s’éloigne des villes. Loin d’être des espaces pacifiés et unanimistes, les communes rurales et périurbaines connaissent des logiques de différenciation sociale et des conflits d’usage. A l’image des agriculteurs, groupe éclaté en différentes fractions, les campagnes sont traversées par des rapports de classe et des inégalités sociales. De la bourgeoisie agricole aux ouvriers ruraux, quels sont les groupes sociaux en présence et quelles relations entretiennent-ils ?