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L’arcane de la reproduction - Femmes au foyer, travailleuses du sexe, ouvriers et capital
Leopoldina Fortunati
Article mis en ligne le 8 décembre 2022

Ce livre est une héré­sie qui manie les caté­go­ries marxien­nes sans dog­ma­tisme en uti­li­sant les armes de la cri­ti­que fémi­niste.

Il pro­pose un examen sys­té­ma­ti­que explo­rant les rap­ports réels que le capi­tal entre­tient en secret avec les pour­voyeu­ses de soins, de sou­ri­res et de sexe. L’appa­rente natu­ra­lité de l’amour et du couple est une puis­sante idéo­lo­gie qui invi­si­bi­lise le fonc­tion­ne­ment et la fonc­tion de la famille capi­ta­liste.

Portée par l’ambi­tion de démys­ti­fier l’arcane de la repro­duc­tion, Fortunati fait appa­raî­tre dans toute sa com­plexité le pro­ces­sus de (re)pro­duc­tion de la mar­chan­dise force de tra­vail qui est en jeu der­rière la subor­di­na­tion des femmes.

Rejetant la thèse du tra­vail ména­ger impro­duc­tif, cette démons­tra­tion théo­ri­que auda­cieuse rabat les cartes de la théo­rie de la valeur et sou­tient que l’extor­sion de la plus-value domes­ti­que est cru­ciale à l’accu­mu­la­tion du capi­tal.

Le monde de la repro­duc­tion s’impose comme le miroir de la pro­duc­tion, comme un lieu bom­bardé par mille com­por­te­ments de rébel­lion, comme le rejet de la mater­nité, du mariage ou de l’hété­ro­sexua­lité. L’atten­tion portée ici à la crise de la famille sous l’impact de la restruc­tu­ra­tion et des luttes est à la fois une archéo­lo­gie du pré­sent et un atout pour penser un chan­ge­ment de cap fémi­niste révo­lu­tion­naire.

Aux anti­po­des des appro­ches libé­ra­les et de la gauche mas­cu­line, Fortunati appuie la lutte contre le tra­vail, à partir du tra­vail domes­ti­que et du tra­vail du sexe, pour la des­truc­tion défi­ni­tive du tra­vail.


Leopoldina Fortunati est une fémi­niste marxiste ita­lienne née en 1949 et mili­tante opé­raïste dans les années 1970. Elle est aujourd’hui cher­cheuse et pro­fes­seure de socio­lo­gie à l’uni­ver­sité d’Udine spé­cia­li­sée dans l’impact social de la tech­no­lo­gie et des nou­veaux médias.


Traduit de l’Italien par Marie Thirion.
Préface de Silvia Federici.