Librairie Publico,
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Que signifie vivre dans un monde contaminé par de faibles doses de radioactivité ? C’est la question que Sophie Houdart se pose depuis l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi survenu le 11 mars 2011. Au terme d’une longue enquête ethnographique menée auprès d’un petit groupe de personnes habitant Tōwa, à une cinquantaine de kilomètres de la centrale, elle restitue la texture de ce territoire et décrit comment, année après année, les repères n’ont cessé de changer.

On voit comment les habitants et les agriculteurs cherchent à comprendre leur nouvel état du monde, en expérimentant auprès de scientifiques engagés les liaisons et déliaisons qui font leur quotidien.

Le livre s’inscrit dans la lignée des grands textes d’anthropologie narrative contemporains. À la croisée des sciences humaines et de la non-fiction, il se lit comme un récit de terrain, sensible et incarné, qui explore la manière dont la contamination bouleverse nos façons de vivre, de sentir et de penser le monde. Loin de toute posture de surplomb, Sophie Houdart s’implique dans son enquête, se montre hésitante et elle-même troublée par ce qui arrive. Le livre offre aussi une réflexion critique sur l’absence de pensée institutionnelle de « l’après-catastrophe » dans la gestion nucléaire internationale.

Mais contrairement aux approches technocritiques classiques, l’autrice en propose une lecture incarnée, au plus près des habitants concernés et de l’expérience qu’ils font de la contamination de leur milieu de vie. Enfin, le livre peut être lu comme un point d’étape sur la situation vécue à proximité de la centrale de Fukushima Daiichi depuis la catastrophe de 2011, presque 15 ans après sa survenue.

De ce point de vue et étant donné que la France est un pays hautement nucléarisé, le livre fournit un précieux témoignage de ce qui pourrait nous arriver, dans la situation terrible où un désastre nucléaire viendrait à y survenir.


Sophie Houdart est anthropologue, directrice de recherche au CNRS au sein du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC) de l’Université Paris Nanterre. Elle s’intéresse aux modes de construction et de pratiques locales de la modernité au Japon ainsi qu’aux thèmes de la création et de l’innovation. Elle poursuit aujourd’hui sa réflexion sur les territoires nucléarisés en l’élargissant aux territoires de La Hague, dans le Cotentin, et de Rokkasho-mura, dans la préfecture d’Aomori (Japon), à propos desquels elle fait l’hypothèse qu’ils ont été conçus comme des analogons.