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Figure incontournable du féminisme et de l’anarchisme brésilien de la première moitié du xxe siècle, Maria Lacerda de Moura se distingue dans la galaxie historique libertaire tant par son lyrisme que par la radicalité de sa critique des institutions patriarcales et médicales de son temps.

Aimez-vous et ne vous multipliez pas témoigne de la fougue de sa révolte face à l’obscurantisme pseudoscientifique mais effectivement machiste qui au nom de la patrie et du progrès assignait aux femmes le devoir de procréer.

À l’heure du backlash patriarcal et du « réarmement démographique », cette apologie de l’ « amour libre » et de la maternité consciente est une lecture salutaire si ce n’est nécessaire.


préface de Samanta Colhado Mendes
postface de Frederico Lyra de Carvalho
Traduit du Portugais (Brésil) par Frederico Lyra de Carvalho


Maria Lacerda de Moura poursuit des études à l’École Normale de Barbacena et devient enseignante en 1904. Politiquement, elle adhère aux idées développées par les anarchistes et en particulier, celles défendues par Francisco Ferrer Guardia, libre-penseur et pédagogue libertaire. Comme lui, elle est convaincue de l’importance du rôle de l’éducation dans le développement des individus et souligne qu’en ce qui concerne les femmes, elle est un moyen de les affranchir du poids des traditions sociales et religieuses qu’elles subissent.

Elle s’engage alors dans la lutte contre l’illettrisme et œuvre pour faciliter l’accès des femmes au savoir. La création de La Ligue contre l’illettrisme constitue ainsi une concrétisation de son engagement dans ce domaine. Elle contribue également à la fondation d’une Fédération féminine internationale (Federação Internacional Feminina) avec Bertha Lutz et Isabel Cerruti. Elle est considérée comme l’une des pionnières du féminisme brésilien.

Parallèlement à son engagement féministe, elle se consacre également à l’amélioration des conditions de vie des gens dans le besoin et combat en compagnie d’autres femmes pour permettre aux sans-abris d’avoir un accès au logement. Son combat féministe se révèle ainsi également humanitaire.

La sexualité de la femme est l’un de ses thèmes de prédilection dont elle aborde de front tous les aspects (virginité, plaisir, maternité...), ce que peu de femmes osaient alors faire au Brésil. Enfin, elle crée la revue Renascença en 1923.

Entre 1928 et 1937, elle rejoint une communauté agricole autogérée anarchiste à Guararema, composée d’anarchistes individualistes et d’exilés ou de déserteurs espagnols, français et italiens et elle considère que cette expérience correspond à la période la plus féconde de son activité intellectuelle. Cependant, sous la pression du gouvernement de Getúlio Vargas, la communauté doit être abandonnée. Maria Lacerda se réfugie alors à Rio de Janeiro, où elle termine sa vie en poursuivant son combat et ses travaux.